Making-of / les coulisses de l'info

vendredi 5 juin 2015

Histoire de deux hommes forts

Vladimir Poutine lors d'un discours au ministère de l'Intérieur à Moscou en avril 2015, et Recep Tayyip Erdogan lors d'une cérémonie à Kars en mars 2015 (AFP / Ria Novosti / Alexei Druzhinin - AFP / Presidential Press Office / Kayhan Ozer)
Vladimir Poutine lors d'un discours au ministère de l'Intérieur à Moscou en avril 2015, et Recep Tayyip Erdogan lors d'une cérémonie à Kars en mars 2015 (AFP / Ria Novosti / Alexei Druzhinin - AFP / Presidential Press Office / Kayhan Ozer)

(AFP / Ria Novosti / Alexei Druzhinin et AFP / Presidential Press Office / Kayhan Ozer)


« Quand je suis arrivé en Turquie, il y a moins d’un an, je m’attendais à une expérience très différente de celle que j’avais vécue pendant cinq ans dans la Russie de Poutine, depuis la guerre en Géorgie jusqu’au conflit en Ukraine et l’annexion de la Crimée », écrit Stuart Williams, ancien correspondant de l'AFP à Moscou devenu numéro deux du bureau d'Istanbul. « Et il est vrai que les différences sont très marquées entre la Turquie réellement démocratique et le système politique plus autoritaire de la Russie. Pourtant, plus je vis ici, plus je suis frappé par les similitudes croissantes entre la Turquie et la Russie du tout début du 21ème siècle. Les parallèles sont à la fois troublants et fascinants. »


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mardi 17 février 2015

Jeu de balle sur la ligne de front

Des soldats ukrainiens jouent au football pendant un cessez-le-feu sur la route de Debaltseve, le 15 février 2015 (AFP / Volodymyr Shuvayev)
Des soldats ukrainiens jouent au football pendant un cessez-le-feu sur la route de Debaltseve, le 15 février 2015 (AFP / Volodymyr Shuvayev)

(AFP / Volodymyr Shuvayev)


« Cette partie de football improvisée est un vrai moment de détente », raconte le photographe Volodymyr Shuvayev, qui assiste à cette scène à un poste de contrôle ukrainien sur la route de Debaltseve, sur la ligne de front, pendant une fragile trêve le 15 février. « Je commence à photographier. J’espère que les photos parleront d’elles-mêmes, qu’elles illustreront l’esprit d’un cessez-le-feu. C’est une image emblématique : le soldat célébrant l’arrêt des combats en jouant simplement au ballon ».

(Photo : AFP / Volodymyr Shuvayev)


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mardi 3 février 2015

Averses de feu à Donetsk

Des civils tentent de se protéger pendant un bombardement sur le quartier de Kyibishevsky à Donetsk, le 30 janvier 2015 (AFP / Dominique Faget)
Des civils tentent de se protéger pendant un bombardement sur le quartier de Kyibishevsky à Donetsk, le 30 janvier 2015 (AFP / Dominique Faget)

(AFP / Dominique Faget)


« Les explosions sont un bruit de fond constant à Donetsk », écrit Simon Valmary, envoyé spécial de l'AFP dans le principal bastion de la rébellion pro-russe de l'est de l'Ukraine. « Artillerie lourde, mortier, roquettes : depuis plus de neuf mois que durent les combats, les habitants de la ville tenue par la rébellion prorusse sont désormais capables de distinguer les différents types de déflagrations… Mais sans savoir, la plupart du temps, qui bombarde qui. Les civils essayent tant bien que mal de vaquer à leurs occupations quotidiennes malgré ces obus qui s’abattent n’importe quand, n’importe où, et laissent des morts sur les trottoirs.»


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jeudi 11 décembre 2014

Soldats morts dans la neige

Le mémorial de l'Armée rouge à Savour-Mogyla, le 7 décembre 2014 (AFP / Eric Feferberg)
Le mémorial de l'Armée rouge à Savour-Mogyla, le 7 décembre 2014 (AFP / Eric Feferberg)

(AFP / Eric Feferberg)


Le mémorial de Savour-Mogyla est un immense complexe monumental bâti près de Donetsk dans les années 1960 en l'honneur des soldats de l'Armée rouge tués en défendant cette colline stratégique pendant la Seconde guerre mondiale. Il a été en partie détruit pendant des combats qui ont fait rage, l'été dernier, entre les troupes ukrainiennes et les séparatistes pro-russes pour le contrôle de l'endroit. Au milieu des statues géantes criblées de balles et d'éclats d'obus, le photographe de l'AFP Eric Feferberg a assisté à une cérémonie des rebelles en l'honneur de leurs morts.


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lundi 7 juillet 2014

Un au-revoir à une Russie qui change

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(AFP / Stuart Williams)


« Il est vrai que la Russie peut être un endroit difficile à vivre, voire franchement déprimant », écrit Stuart Williams, qui quitte Moscou après un séjour de cinq ans et demi. «L’hiver qui démarre dans l’humide noirceur de novembre et semble ne jamais se terminer, le comportement aussi brutal qu’inexplicable qu’ont parfois les gens dans la vie quotidienne, les embouteillages...»

« Mais la Ruissie, c’est aussi cette rivière aux eaux limpides avec un pêcheur solitaire dans sa barque, unique être humain à des kilomètres à la ronde. C’est cet interminable voyage en train au cours duquel les nuits se confondent avec les jours. C’est cette forêt au milieu de laquelle on se sent la personne la plus seule, la plus heureuse de la terre. C’est également le rêve pour tout journaliste : un pays en perpétuel changement. Même si ce changement ressemble à une vertigineuse noria partie en roue libre et dont il est impossible de savoir vers où elle si dirige, ni quand elle s’arrêtera... »


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vendredi 23 mai 2014

Odessa : les marches de la colère

Les Escaliers Potemkine d'Odessa (AFP / Paul Gypteau)
Les Escaliers Potemkine d'Odessa (AFP / Paul Gypteau)

(AFP / Paul Gypteau)


Ils courent de toute la force de leurs dix-huit ans, gourdin en main, casque de chantier trop grand tombant sur les yeux. "Aux escaliers ! Aux escaliers ! C'est une attaque !"

Ils sont une dizaine, ce samedi 3 mai à Odessa, à se ruer vers le sommet des escaliers Potemkine. Oui, "Potemkine" comme "Le cuirassé Potemkine"; "escaliers" comme l'une des scènes les plus fameuses de l'histoire du cinéma, le massacre de la population de la ville par la garde tsariste en 1905 dans le film de Sergueï Eisenstein, sorti en 1925. Le landau d'osier lâché par une mère fusillée, qui dévale les marches sous la mitraille : tout le monde connaît, même sans savoir d'où.

En 2014, une fois de plus, c'est là que se joue l'Histoire à Odessa.


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lundi 19 mai 2014

Je n'avais jamais vu la guerre

Un rebelle pro-russe pose à un poste de contrôle à Slaviansk, le 10 mai 2014 (AFP / Vasily Maximov)
Un rebelle pro-russe pose à un poste de contrôle à Slaviansk, le 10 mai 2014 (AFP / Vasily Maximov)

(AFP / Vasily Maximov)


« Avant de partir trois semaines couvrir les tensions dans l'Est de l'Ukraine, je n'avais jamais couvert de conflit », écrit Agnès Bun, reporter vidéo de l'AFP basée à Hong Kong.  « Avant de partir, des amis plus expérimentés, reporters de guerre pour certains, m'ont abreuvé de conseils. L'AFP m'a également fait suivre une formation pour journaliste en environnement hostile. »

« Mais ce à quoi rien ni personne ne m'a préparée, ce sont ces moments de grâce qui triomphent, entre deux épisodes de violence. »

(Photo: AFP / Vasily Maximov)


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mercredi 26 mars 2014

« Vous voulez que je casse une autre caméra ? »

Des miliciens pro-russes passent à tabac un homme près de la base aérienne ukrainienne de Belbek, en Crimée, le 22 mars 2014 (AFP / Viktor Drachev)
Des miliciens pro-russes passent à tabac un homme près de la base aérienne ukrainienne de Belbek, en Crimée, le 22 mars 2014 (AFP / Viktor Drachev)

(AFP / Viktor Drachev)


Des miliciens pro-russes passent à tabac un homme près de la base aérienne ukrainienne de Belbek, en Crimée, juste avant sa prise d'assaut par les troupes russes le 22 mars. Matériel confisqué, interpellations, insultes, menaces: pas facile pour les journalistes étrangers de travailler dans la péninsule, dont la Russie a quasiment achevé la prise de contrôle, racontent les envoyés spéciaux de l'AFP Kilian Fichou et Laetitia Peron.

(Photo: AFP / Viktor Drachev)


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mardi 11 mars 2014

Un mauvais rêve de Guerre froide

Soldats russes à Perevalnoye, en Crimée, le 5 mars 2014 (AFP / Alexey Kravtsov)
Soldats russes à Perevalnoye, en Crimée, le 5 mars 2014 (AFP / Alexey Kravtsov)

(AFP / Alexey Kravtsov)


« La Russie va intégrer la Crimée dans son giron, et elle ne la laissera pas filer. Combien de fois, depuis la Deuxième guerre mondiale, avons-nous assisté à une telle modification de la carte politique de l’Europe ? » s'interroge Stuart Williams, correspondant de l'AFP à Moscou.

« Il n’y aura peut-être pas de guerre, mais un refroidissement sensible des relations entre l’Ouest et la Russie va s’installer, qui reléguera au second plan des crises antérieures. »


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dimanche 2 mars 2014

Jeu de piste pour trouver Ianoukovitch

Une affiche montrant la photo de Ianoukovitch sur la place Maïdan de Kiev, le 28 février 2014 (AFP / Louisa Gouliamaki)
Une affiche montrant la photo de Ianoukovitch sur la place Maïdan de Kiev, le 28 février 2014 (AFP / Louisa Gouliamaki)

(AFP / Louisa Gouliamaki)


"Quand on est correspondant en Russie, on est habitué aux longues attentes et aux rigoureux contrôles de sécurité avant les conférences de presse officielles", raconte Germain Moyon, correspondant de l'AFP à Moscou. "Mais en plus de tout cela, celle du président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch le 28 février a donné lieu pour de nombreux journalistes à un véritable jeu de piste."


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dimanche 15 septembre 2013

Sergueï Lavrov, vedette impromptue

Lavrov montre une caricature de lui dessinée par un journaliste américain (photo: AFP / Philippe Desmazes)
Lavrov montre une caricature de lui dessinée par un journaliste américain (photo: AFP / Philippe Desmazes)

(AFP / Philippe Desmazes)


Après trois jours d'intenses négociations, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov parviennent samedi 14 septembre à Genève à un accord sur les armes chimiques de la Syrie et leur contrôle international. Parqués depuis des heures dans un salon d'un hôtel genevois, les reporters qui suivent les négociations tuent le temps comme ils le peuvent en attendant que les deux ministres comparaissent pour annoncer officiellement le résultat de leurs pourparlers.

Et c'est alors que survient quelque chose de totalement inattendu: tout à coup, Lavrov se faufile dans la salle de presse et vient s'asseoir au milieu de la délégation de journalistes russes qui l'accompagne. Il se met à bavarder de tout et de rien, attirant aussitôt la nuée de reporters internationaux... Improvisation ou stratagème soigneusement orchestré pour voler la vedette à son homologue américain ?


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