Un journaliste (à droite) et un passant viennent en aide à un chauffeur de bus grièvement blessé par un obus de mortier dans le centre de Sarajevo, le 15 juin 1995 (AFP / Anja Niedringhaus)
Un journaliste (à droite) et un passant viennent en aide à un chauffeur de bus grièvement blessé par un obus de mortier dans le centre de Sarajevo, le 15 juin 1995 (AFP / Anja Niedringhaus)

(AFP / Anja Niedringhaus)



« Juin 1995... Il ne faut jamais lire le journal les pieds sur son bureau », écrit le journaliste de l'AFP Dominique Chabrol. « Je le sais pourtant ! Surtout à l'approche de l'été, quand les volontaires pour partir en mission se font rares. Pour l'avoir oublié, je me retrouve en quelques secondes dans le box de la rédaction en chef de l’AFP à Paris. Ils ont justement besoin de quelqu'un jusqu'en septembre pour tenir le bureau de Sarajevo où la situation se dégrade de jour en jour. Je dis oui, évidemment. »

« Sarajevo est assiégé depuis plus de trois ans et la situation semble totalement bloquée. Des dizaines de milliers de personnes - des musulmans, mais aussi des Serbes - tentent encore de survivre sous les bombes et les tirs des snipers postés sur les hauts de la ville. Avec les beaux jours, la verdure regagne du terrain entre les ruines. Mais pour les habitants de Sarajevo, la bande-son est la même depuis trois ans. Des tirs d'obus incessants suivis d'épaisses colonnes de fumée, sur les points d'eau, le marché central ou l'hôpital, pour terroriser et faire fuir la population. »

« Je n'ai jamais mis les pieds en Bosnie. Ce que je ne sais pas, c'est que je vais assister au bouquet final. »