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jeudi 25 juin 2015

Compagnons d'infortune

Le carnet de Francis Collomp (photo: Grégoire Belhoste)
Le carnet de Francis Collomp (photo: Grégoire Belhoste)

(AFP / Robin Braquet)


Pour ne pas sombrer, les otages s’en remettent parfois à des objets dérisoires. Cahier d'écolier, radio ou cordelette leur permettent d’alléger l'enfer de la captivité. Après la libération, ces reliques demeurent les derniers souvenirs de ces jours sombres.


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mercredi 22 avril 2015

Elections nigérianes dans ma salle de classe

Un bureau de vote à Abuja le jour de l'élection présidentielle, le 28 mars 2015 (AFP / Nichole Sobecki)
Un bureau de vote à Abuja le jour de l'élection présidentielle, le 28 mars 2015 (AFP / Nichole Sobecki)

(Photo: AFP / Nichole Sobecki)


« Quand la Fondation AFP me demande d’aller à Abou Dhabi pour former un groupe de journalistes économiques venus du Nigeria », écrit Jürgen Hecker, un reporter de l'AFP basé à Paris, « je ne me doute pas encore que grâce à cette expérience, je vais m’offrir un aperçu authentique de la vie politique du pays le plus peuplé d’Afrique dans une salle de classe climatisée à 6.000 kilomètres de Lagos... »


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lundi 20 avril 2015

Terreur et trafics sur le lac du non-droit

Une piroguesur le lac Tchad à Guité, le 30 mars 2015 (AFP / Philippe Desmazes)
Une piroguesur le lac Tchad à Guité, le 30 mars 2015 (AFP / Philippe Desmazes)

(Photo: AFP / Philippe Desmazes)


Carrefour de quatre pays - Nigeria, Tchad, Niger et Cameroun - le lac Tchad est depuis toujours le lieu d'intenses échanges commerciaux et de trafics en tous genres. « C'est un univers à part, où les frontières tracées par l'ancien colonisateur n'existent pas », raconte la journaliste de l'AFP Celia Lebur, qui s'est récemment rendue sur place pour y couvrir l'afflux de réfugiés fuyant la violence au Nigeria voisin. « Avec ses centaines d'îlots éparpillés comme des confettis, son labyrinthe de chenaux navigables entre les roseaux, le lac est aussi une vaste zone de non droit. Un paradis de la contrebande quasiment impossible à contrôler, dont les insurgés djihadistes nigerians de Boko Haram profitent largement... »


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lundi 13 avril 2015

Dessins d’enfants du Nigeria

Un jeune réfugié dessine une scène d'attaque pendant une séance de thérapie de l'Unicef dans un camp près de Baga Sola, au Tchad, le 6 avril 2015 (AFP / Philippe Desmazes)
Un jeune réfugié dessine une scène d'attaque pendant une séance de thérapie de l'Unicef dans un camp près de Baga Sola, au Tchad, le 6 avril 2015 (AFP / Philippe Desmazes)

(AFP / Philippe Desmazes)


« Nous sommes dans le camp "Dar-es-Salam", près du lac Tchad », raconte le photographe de l'AFP Philippe Desmazes. « Les quelque 5.000 réfugiés qui s’entassent ici ont fui le nord du Nigeria voisin, en proie aux exactions des rebelles jihadistes de Boko Haram. Pour des raisons de sécurité, les autorités ont regroupé dans ce camp, à l'entrée de la ville de Baga Sola, les Nigérians qui ont trouvé refuge sur la rive tchadienne du lac. Des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants continuent à affluer tous les jours dans le camp.»

« Dans une grande tente blanche, l’Unicef organise des séances de thérapie par le dessin. C’est une méthode souvent employée pour aider les enfants à surmonter leurs traumatismes dans les zones de guerre, mais aussi pour occuper leurs interminables journées dans le camp de réfugiés. J’ai déjà vu ça pendant le conflit en Côte d’Ivoire, il y a plusieurs années. Les animateurs distribuent des feutres et des grandes feuilles de papier blanc aux gamins et leur proposent un thème. Ce peut être la nature, ou les animaux. Le jour de notre venue, ils leur demandent de dessiner ce qu’ils ont vu quand Boko Haram a attaqué leurs villages. »



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vendredi 30 janvier 2015

Massacres dans le black-out

Une vidéo publiée le 9 novembre 2014 par Boko Haram montre des militants du groupe djihadiste parader dans un ville non identifiée du Nigeria (AFP / Boko Haram)
Une vidéo publiée le 9 novembre 2014 par Boko Haram montre des militants du groupe djihadiste parader dans un ville non identifiée du Nigeria (AFP / Boko Haram)

(AFP / Boko Haram)


Près d'un mois après un massacre à grande échelle perpétré par Boko Haram à Baga, dans le nord-est du Nigeria, il est toujours impossible d'établir un bilan exact, ou même approximatif, de cette atrocité. Le chiffre de 2.000 morts a été avancé, mais il demeure impossible à vérifier.

« En Occident, lorsqu’un drame survient, nous apprenons pratiquement en temps réel le nombre exact de morts et de blessés », explique Phil Hazlewood, le directeur du bureau de l'AFP à Lagos. « Nous sommes habitués aux chiffres précis, aux déclarations fiables ». Rien de comparable ne peut se produire au Nigeria, où des zones entières du pays sont trop dangereuses pour pouvoir s'y risquer, et où l'information digne de foi et immédiate n’existe tout simplement pas.

« Voilà sans doute une partie de la réponse qu’on peut apporter à tous ceux qui se demandent pourquoi le Nigeria n’occupe pas une place plus grande dans l’actualité internationale, pourquoi le massacre de Baga a fait moins parler de lui que les attentats de Paris ».


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jeudi 22 janvier 2015

Mort d’un vrai de vrai

jacques-ivoire-2.jpg
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(AFP / Georges Gobet)


« Ecrire un portrait de Jacques Lhuillery est comme parcourir une route parsemée d’embranchements. Partir du personnage que je connaissais et découvrir à chaque nouvel ami interrogé, au fil des anecdotes tordantes ou douloureuses, un autre Jacques, un autre pays lointain, une autre de ses vies dont j’ignorais tout ».

Le directeur du bureau de l’AFP au Japon, mort d’un cancer à l’âge de 61 ans, avait appris le néerlandais en Arabie saoudite. Il était chaque année la vedette du mardi gras dans une petite ville du Limbourg et jouait aux boules avec un chef d’Etat africain en sirotant du pastis. Il avait été dévasté par l’assassinat en Côte d’Ivoire de son ami et confrère Jean Hélène, avant d’être grièvement blessé dans l’incendie de sa maison au Nigeria. Et il n’avait jamais perdu la gouaille, le culot et le talent de comédien qui, où qu’il se trouve, lui ouvraient toutes les portes.


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jeudi 22 mai 2014

Horreur et hashtags : couvrir Boko Haram

Le 12 mai 2014, Boko Haram diffuse une vidéo montrant environ 130 lycéennes enlevées (AFP / Boko Haram)
Le 12 mai 2014, Boko Haram diffuse une vidéo montrant environ 130 lycéennes enlevées (AFP / Boko Haram)

(AFP / Boko Haram)


« Le bureau de l’AFP au Nigeria a fait parler de lui ces dernières semaines, après que nous ayons obtenu des vidéos de Boko Haram et des plus de 200 adolescentes kidnappées par ce groupe armé radical dans leur école du nord du pays le mois dernier », écrit Phil Hazlewood, correspondant de l'AFP à Lagos. « Certains observateurs nous ont accusé de nous transformer en porte-parole de Boko Haram. Quelques-uns ont même affirmé que nous n'aurions pas dû diffuser ces vidéos. »

« Mais nous sommes une agence d’information. Cet enlèvement massif suscite, à juste titre, un immense intérêt dans le monde entier. La campagne virale sur internet et les efforts internationaux déployés pour retrouver les jeunes filles témoignent de l’envergure exceptionnelle de cette affaire. »


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jeudi 10 avril 2014

A la recherche du prophète

Le gourou TB Joshua, en décembre 2013 (AFP / Robert Leslie)
Le gourou TB Joshua, en décembre 2013 (AFP / Robert Leslie)

(AFP / Robert Leslie)


« T.B. Joshua est sans doute le plus connu des guérisseurs-prédicateurs du Nigeria», raconte Robert Leslie, reporter vidéo de l'AFP en mission à Lagos en décembre 2013. «Un faiseur de miracles en tout genre, la voix "accréditée" de Jésus-Christ et un personnage entouré de mystère. Depuis la banlieue de Lagos, où ils possèdent un hôtel ainsi qu’une méga-église, Joshua et ses disciples règnent sur un empire de la foi qui pèse plusieurs millions de dollars.»

«Tout un tas d’excellentes raisons pour demander une interview du prophète en personne.»

(Photo: AFP / Robert Leslie)


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jeudi 12 décembre 2013

Répression du vice, répression des doutes

Une patrouille de la Hisbah circule dans les rues de Kano le 29 octobre 2013 (AFP / Aminu Abubakar)
Une patrouille de la Hisbah circule dans les rues de Kano le 29 octobre 2013 (AFP / Aminu Abubakar)

(AFP / Aminu Abubakar)


« Une caméra vidéo et un trépied ont le pouvoir de rassembler des foules, de délier les langues, de déclencher une joie débordante ou une colère monstrueuse en un temps record», écrit Robert Leslie, journaliste reporter d'images basé à l'AFP Londres. «Et souvent, je repars avec l’impression désagréable que tout ce que j’ai vu et filmé, bien qu’ayant l’apparence de la réalité, est en fait un spectacle que j’ai déclenché moi-même.»

Envoyé spécial dans le nord du Nigeria à majorité musulmane, le reporter filme l'arrestation par la Hisbah, la brigade de « répression du vice », d'une femme soupçonnée d'être une prostituée. « Jamais, ce jour-là, mes craintes d’avoir déclenché l’événement plutôt que d’en avoir été le simple témoin n’auront été aussi fortes...»


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