Making-of / les coulisses de l'info

Photographie : aux frontières de l’acceptable

vendredi 20 février 2015 - Décryptages


Une photo très vraisemblablement truquée, diffusée par l'agence coréenne KCNA en 2013, rejetée par l'AFP après analyse (AFP / KCNA)

L'image ci-contre n'a jamais été diffusée par l'AFP. Publiée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA en 2013, elle est censée montrer des manœuvres militaires dans l'est du pays. L'analyse à l'aide d'un logiciel spécialisé des traînées des missiles et des fumées révèle une accumulation d'anomalies trahissant des manipulations de nature indéterminée. Il s'agit donc, selon toute probabilité, d'une image truquée.

Il s'agit d'un cas extrême. Mais la fraude en photographie n'est pas le monopole de la Corée du Nord, de la Syrie ou des groupes de propagande extrémistes en tout genre. Le 12 février dernier, la disqualification pour cause d’images trafiquées d’un nombre sans précédent de participants au concours World Press Photo 2015 a ravivé un vieux débat : où se situe la frontière, en photojournalisme, entre l’effet artistique et la fraude ?

(Photo : AFP / KCNA)


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Garder le contact, après l’histoire

mercredi 28 janvier 2015 - Décryptages


Des rebelles syriens emportent le corps de l'un d'entre eux, tué dans une fusillade dans le Krak des Chevaliers, en juillet 2012 (AFP / Djilali Belaïd)

« Quand il s’agit d’entrer clandestinement dans un pays en guerre, avoir une confiance totale en celui qui vous fait franchir la frontière est essentiel. Au moindre doute, il faut renoncer. Ce genre de relation de confiance, dans les situations dangereuses, crée un lien personnel très fort entre le journaliste et son contact. Ainsi qu’un sens du devoir quand ce contact, plus tard, vient vous demander de l’aide.»

Plusieurs mois après une dangereuse expédition dans le Krak des Chevaliers en proie à de violents combats entre l'armée syrienne et la rébellion, le reporter vidéo Djilali Belaïd apprend que la personne qui lui a permis de réaliser cette mission mémorable a été grièvement blessée et, hospitalisée au Liban, a besoin d'aide. Que faire? Si, après chaque reportage on devait voler au secours de tous ceux qui vous ont donné un coup de main, on ne s’en sortirait pas. Mais on s'attache si facilement aux gens que l'on rencontre sur les terrains de guerre...

(Photo : AFP / Djilali Belaïd)


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Je suis un kaléidoscope d’émotions

lundi 26 janvier 2015 - Témoignages


Manifestation de soutien aux victimes des attentats en France, le 10 janvier 2015 sur la place Samir Kassir de Beyrouth (AFP / Anwar Amro)

« Comme beaucoup de mes compatriotes ici au Liban, pays fruit d’un formidable mélange de culture arabe et de civilisation française et occidentale, je suis remuée par des sentiments de tristesse et d’empathie par ce qui s’est produit à Paris », écrit la journaliste Rita Daou, adjointe au directeur du bureau de l'AFP à Beyrouth. « A l’image du Liban et de toute cette région mouvementée, divisée, déchirée par des conflits interminables, j’enregistre autour de moi des sentiments opposés et des réactions contradictoires. Je les partage aussi. Après avoir passé quatre ans à couvrir la guerre en Syrie, je réalise tristement qu’on ne verra jamais quatre millions personnes défiler dans les rues pour protester contre le carnage qui se poursuit. »

(Phoro : AFP / Anwar Amro)


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Mort d’un vrai de vrai

jeudi 22 janvier 2015 - Témoignages


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« Ecrire un portrait de Jacques Lhuillery est comme parcourir une route parsemée d’embranchements. Partir du personnage que je connaissais et découvrir à chaque nouvel ami interrogé, au fil des anecdotes tordantes ou douloureuses, un autre Jacques, un autre pays lointain, une autre de ses vies dont j’ignorais tout ».

Le directeur du bureau de l’AFP au Japon, mort d’un cancer à l’âge de 61 ans, avait appris le néerlandais en Arabie saoudite. Il était chaque année la vedette du mardi gras dans une petite ville du Limbourg et jouait aux boules avec un chef d’Etat africain en sirotant du pastis. Il avait été dévasté par l’assassinat en Côte d’Ivoire de son ami et confrère Jean Hélène, avant d’être grièvement blessé dans l’incendie de sa maison au Nigeria. Et il n’avait jamais perdu la gouaille, le culot et le talent de comédien qui, où qu’il se trouve, lui ouvraient toutes les portes.

(Photo : AFP / Georges Gobet)


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De Beyrouth à Alep, snipers et cafés bondés

vendredi 5 décembre 2014 - Témoignages


Une boîte de nuit dans la zone sous contrôle gouvernemental d'Alep, le 15 novembre 2014 (AFP / Joseph Eid)

« Que notre métier est étrange et magnifique », écrit Sammy Ketz, le directeur du bureau de l'AFP à Beyrouth, qui s'est rendu fin novembre dans la ville syrienne d'Alep. « Avant d’arriver à destination vous lisez ce qui vous tombe sous la main pour vous faire une opinion et puis quand vous débarquez sur place la réalité est tout autre. En me rendant à Alep, je pensais découvrir Berlin au sortir de la seconde guerre mondiale, des ruines fumantes, des gens hagards marchant dans un silence spectral et je me retrouve dans le Beyrouth de la guerre civile où cohabitent la vie et la mort, les cafés bondés et les tireurs embusqués. »

(Photo : AFP / Joseph Eid)


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De l’AFP Beyrouth à première dame afghane

lundi 3 novembre 2014 - Témoignages


La première dame d'Afghanistan, Rula Ghani, le 30 octobre 2014 au palais présidentiel de Kaboul (AFP / Shah Marai)

C’est une des personnalités clés du nouvel Afghanistan. D’origine chrétienne maronite libanaise, ancienne journaliste et première dame du pays depuis septembre, Rula Ghani a déjà brisé quelques tabous. Le correspondant de l'AFP à Kaboul Emmanuel Parisse a rencontré Mme Ghani qui lui a parlé de sa culture francophone acquise dans son pays natal, de ses études à Paris à la fin des années 1960 et... de l'AFP, où elle a brièvement travaillé dans sa jeunesse à Beyrouth.

(Photo: AFP / Shah Marai)


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Face à la douleur des autres

mercredi 2 avril 2014 - Décryptages


Les proches des passagers du vol MH370 laissent éclater leur douleur, le 24 mars 2014 dans un hôtel de Pékin, en apprenant que l'avion s'est abîmé dans l'océan Indien (AFP / Goh Chai Hin)

Des proches des victimes du vol MH370 laissent éclater leur douleur sous le regard des médias, le 24 mars dans un hôtel de Pékin, en apprenant que l'avion s'est abîmé en mer.

Photographes, reporters vidéo, comment font-ils leur métier lorsqu’ils reçoivent en pleine figure la douleur des autres ? Comment réagissent-ils face aux cris insoutenables d’un gamin entouré de cadavres après un séisme, un accident, un bombardement ? Restent-ils de marbre devant la rage d’un père qui serre dans ses bras sa fillette morte ? Ou face au désespoir de ces hommes, de ces femmes qui ont perdu un frère, une mère, un fils dans l’avion de Malaysia Airlines, et qui hurlent leur douleur dans un hall d’aéroport ? Se retiennent-ils parfois de prendre la photo ? Et que pensent-ils des accusations, régulièrement proférées, qui font d’eux des « vautours » qui vivent de la misère du monde ?

Michel Sailhan leur a posé ces questions.

(Photo: AFP / Goh Chai Hin)


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A Damas, les multiples visages de la peur

mardi 24 septembre 2013 - Témoignages


Dans le Vieux Damas, le 21 septembre 2013 (AFP / Anwar Amro)

"Damas a changé de visage", écrit Rana Moussaoui, correspondante de l'AFP à Beyrouth qui a effectué une mission de dix jours en Syrie début septembre. "Aux checkpoints, les militaires vous demandent de baisser les feux, de cesser de parler au téléphone. Les bruits des bombes font encore sursauter les journalistes, plus les Damascènes. Mais ce sont surtout les habitudes qui ont changé, et c’est sans doute cela le plus triste. On sent que la guerre s'est glissée insidieusement dans une ville qui se sentait encore, quand je m'y suis rendue en 2011, hors d'atteinte du confit."

(Photo: AFP / Anwar Amro)


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Cartes postales d’Absurdistan

jeudi 19 septembre 2013 - Témoignages


© Patrick Baz

"Durant les longues années de la guerre au Liban", écrit Patrick Baz, le directeur de la photo AFP pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, "ma mère passait son temps libre à chiner dans les marchés et chez les antiquaires parisiens. Elle récoltait, pour sa collection, de vieilles cartes postales de son pays. Ces images lui rappelaient sa jeunesse, une époque révolue dont j’ai peu de souvenirs. Un Liban sans armes, sans violence, plein de joie de vivre et d’insouciance. Un Liban que je n’ai presque pas connu."

"J’ai voulu, à travers mes images, vous parler des cartes postales qui ont marqué le Liban de ma jeunesse."

Un travail présenté à Beyrouth du 19 au 22 septembre dans le cadre de l'exposition "Generation War".


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A Beyrouth, le spectre des années noires

samedi 20 octobre 2012 - Derrière l'image

A Beyrouth, le spectre des années noires


Après l'attentat dans le quartier chrétien d'Ashrafieh à Beyrouth, le 19 octobre 2012 (photo: AFP / Patrick Baz)

Patrick Baz, le responsable de la photo de l'AFP au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, entamait un weekend qui s'annonçait paisible à Beyrouth, sa ville natale, lorsqu'une voiture piégée a explosé dans le quartier chrétien d'Ashrafieh, faisant 8 morts et 86 blessés. Passant par hasard près des lieux du carnage en compagnie de sa fille de 16 ans, ce photographe aguerri, qui a commencé sa carrière en couvrant la guerre civile au Liban dans les années 1980, s'est brusquement retrouvé trente ans en arrière. "Plus tard, j’ai expliqué à ma fille que telle était l’atsmosphère dans laquelle j’avais grandi : des snipers, des bombardements, des attentats", écrit-il. "Je ne voulais pas que tu grandisses de la même manière, lui ai-je dit. Mais la destinée semble en avoir décidé autrement".

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