Making-of / les coulisses de l'info

Mot-clé - Israël

Fil des billets

lundi 25 janvier 2016

Une minute de féerie

Une nuée d'étourneaux près de Tidhar, dans le nord du Néguev, le 14 janvier 2016 (AFP / Menahem Kahana)
Une nuée d'étourneaux près de Tidhar, dans le nord du Néguev, le 14 janvier 2016 (AFP / Menahem Kahana)

(AFP / Menahem Kahana)


« C’est peut-être parce que je prends trop de photos d’enterrements ou de gens en train de se faire tuer et que j’aime faire des choses complètement différentes », raconte le photographe de l'AFP à Jérusalem Menahem Kahana. « C’est peut-être aussi parce qu’enfant, j’aimais observer les oiseaux. Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que je fais ça pour mon plaisir. »

« Les étourneaux sansonnets sont des oiseaux migrateurs que l’on peut croiser dans tous les coins d’Israël, du Golan au Néguev. Avant de se poser pour la nuit, ils dansent dans le ciel. Et quand la nuée est volumineuse, le ballet devient vraiment spectaculaire. »


Lire la suite

mercredi 2 décembre 2015

Photo de famille et impondérables

Le président des Comores Ikililou Dhoinine masque involontairement une poignée de main historique entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmud Abbas, le 30 novembre 2015 à la COP21 (AFP / Martin Bureau)
Le président des Comores Ikililou Dhoinine masque involontairement une poignée de main historique entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmud Abbas, le 30 novembre 2015 à la COP21 (AFP / Martin Bureau)

(AFP / Martin Bureau)


« La conférence de Paris sur le climat est le plus gros sommet jamais organisé en France, et je suis le photographe chargé par l’AFP de prendre l’incontournable "photo de famille" du début de la réunion », raconte le photographe de l'AFP Martin Bureau. « C’est la première fois que je me livre à cet exercice. Avec 195 dirigeants à photographier en rang d’oignon, je suis servi pour un début... Sans parler de cette photo du président des Comores "intercalé" devant une poignée de main historique, qui depuis qu’elle a été publiée suscite une avalanche de détournements et de blagues futiles sur internet… »


Lire la suite

lundi 2 novembre 2015

L'assassinat de Rabin

ISRAEL - RABIN COFFIN
ISRAEL - RABIN COFFIN

(AFP / Manoocher Deghati)


Il y a vingt ans, le 4 novembre 1995, le Premier ministre israélien et Prix Nobel de la paix Yitzhak Rabin était assassiné par un extrémiste ultra-nationaliste à la fin d'une manifestation pour la paix à Tel Aviv. Patrick Anidjar, alors en poste au bureau de l'AFP à Jérusalem, raconte comment il fut parmi les premiers journalistes à apprendre la nouvelle.


Lire la suite

mercredi 21 octobre 2015

La distance à l’épreuve du choc

Devant la gare routière de Jérusalem, où un homme a été abattu après avoir légèrement blessé une Israélienne au couteau le 14 octobre 2015 (AFP / Menahem Kahana)
Devant la gare routière de Jérusalem, où un homme a été abattu après avoir légèrement blessé une Israélienne au couteau le 14 octobre 2015 (AFP / Menahem Kahana)

(AFP / Menahem Kahana)


« Je viens de monter dans le bus pour Tel-Aviv quand j’entends des cris, puis des tirs, puis des sirènes. Je vois des gens courir dans tous les sens. Je ne comprends pas s’il s’agit d’une bombe, d’une fausse alerte, si c’est déjà fini ou si ça continue. Je ne sais pas ce que je fais au milieu de ce chaos. Je ne comprends rien... »

Le 14 octobre, alors qu'elle rentre chez elle après le travail, la journaliste de l'AFP à Jérusalem Daphné Rousseau assiste par hasard à une attaque dans la gare routière centrale de la ville. Une Israélienne est blessée à coup de couteau par un jeune Palestinien qui est immédiatement abattu par un garde de sécurité. « Un journaliste, dans cette région du monde, est souvent témoin de violences », écrit-elle. « Et pour cause : le métier de reporter consiste justement à aller là où ces violences ont lieu pour les observer et en rendre compte. »

« Mais quand une violence que l’on n’est pas allée chercher vous tombe soudain dessus, hors du travail, alors que l’on est un passant dans la rue parmi d’autres, on est dans une toute autre configuration. »


Lire la suite

mercredi 7 octobre 2015

« Ceux qui se déguisent en Arabes »

Des agents infiltrés des forces de sécurité israéliennes arrêtent un lanceur de pierres palestinien à Beit-El, près de Ramallah, le 7 octobre 2015 (AFP / Abbas Momani)
Des agents infiltrés des forces de sécurité israéliennes arrêtent un lanceur de pierres palestinien à Beit-El, près de Ramallah, le 7 octobre 2015 (AFP / Abbas Momani)

(AFP / Abbas Momani)


« Il est assez courant de voir des agents israéliens infiltrés parmi des lanceurs de pierres palestiniens », raconte le reporter vidéo de l'AFP Andrea Bernardi, basé à Jérusalem. « J’ai déjà assisté à ce genre de scène, à Jérusalem notamment. Le but des « moustaaribine - littéralement : « ceux qui se déguisent en Arabes » - est d’arrêter les agitateurs. Ils dégainent leurs armes et les pointent en l’air sans en faire usage. »

« Là, c’est la toute première fois que je filme des agents déguisés tirant à balles réelles sur les manifestants auxquels ils s’étaient mêlés. »


Lire la suite

dimanche 30 août 2015

A deux doigts de la catastrophe

Un soldat israélien tente d'arrêter un enfant palestinien pendant des affrontements à Nabi Saleh, en Cisjordanie, le 28 août 2015 (AFP / Abbas Momani)
Un soldat israélien tente d'arrêter un enfant palestinien pendant des affrontements à Nabi Saleh, en Cisjordanie, le 28 août 2015 (AFP / Abbas Momani)

(AFP / Abbas Momani)


« Toutes les semaines, après la prière musulmane du vendredi, dans de nombreux villages palestiniens, il y a des manifestations contre la colonisation », raconte le photographe de l'AFP Abbas Momani. « C'est toujours le même scénario: des dizaines de Palestiniens, des militants internationaux et israéliens, marchent depuis le village jusqu'aux terres des habitants sur lesquelles Israël construit toujours plus de colonies. C'est là que l'armée israélienne les attend toujours. C'est là aussi qu'à chaque fois des heurts éclatent, jets de pierres d'un côté, tirs de grenades lacrymogènes et de balles de caoutchouc de l'autre. C'est comme un ballet bien rôdé, un jeu du chat et de la souris dont tout le monde connaît l'issue. »

« Mais ce vendredi, dans le village de Nabi Saleh près de Ramallah, les règles du jeu changent un peu. »


Lire la suite

vendredi 10 juillet 2015

Retour à Gaza

Une Palestinenne dans des décombres à Beit Hanoun dans la nord de la bande de Gaza, le 26 juillet 2014, et le même site vu le 3 juillet 2015 (AFP PHOTO / MOHAMED ABED) Une Palestinenne dans des décombres à Beit Hanoun dans la nord de la bande de Gaza, le 26 juillet 2014, et le même site vu le 3 juillet 2015 (AFP PHOTO / MOHAMED ABED)

(AFP Photo / Mohamed Abed)


"La guerre de cinquante jours entre Israël et les groupes armés Palestiniens venait d'éclater quand je suis entré dans la bande de Gaza le 10 juillet 2014," écrit le vidéaste de l'AFP Andrea Bernardi. "Un an plus tard, me voilà de nouveau face à la porte d'acier du point de passage d'Erez. Tout a changé. Et rien n'a changé."

Lire la suite

vendredi 12 juin 2015

Vol 847 vers l'enfer de Beyrouth

FILES-LEBANON-TWA-HIJACK-HEZBOLLAH
FILES-LEBANON-TWA-HIJACK-HEZBOLLAH

(AFP / Joël Robine)

« Je crois d'abord à une plaisanterie. Encore un détournement d'avion, et un avion américain ? Impensable... »

« Et pourtant, il y a exactement trente ans, ce vendredi 14 juin 1985, le vol 847 de la compagnie américaine TWA qui avait quitté Athènes pour Rome avec huit membres d'équipage et 145 passagers à bord, dont 85 américains, approche de l'aéroport de Beyrouth. Un des plus longs détournements de l'histoire de l'aviation vient de commencer. »

Un récit signé Patrick Rahir, qui couvrit ce spectaculaire événement alors qu'il était correspondant de l'AFP à Beyrouth.


Lire la suite

jeudi 12 mars 2015

Sous Gaza, dans les tunnels du Jihad islamique

Un militant des brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad islamique, s'entraîne dans un tunnel sous la bande de Gaza le 3 mars 2015 (AFP / Mahmud Hams)
Un militant des brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad islamique, s'entraîne dans un tunnel sous la bande de Gaza le 3 mars 2015 (AFP / Mahmud Hams)

(AFP / Mahmud Hams)


« Des tunnels , à Gaza, nous en avons déjà visité, photographié ou filmé des dizaines de fois », racontent Mahmoud Hams et Yahya Hassouna, journalistes basés dans l'enclave palestinienne. « Mais jusqu'ici nous n'avions pu descendre que dans les galeries reliant Gaza à l'Egypte voisine pour y voir des marchandises transiter. Aujourd'hui, pour la première fois, nous ne descendons plus dans les souterrains des contrebandiers mais dans les "tunnels de la résistance". Nous allons pénétrer dans les entrailles de Gaza pour y voir les combattants qui s’y terrent. Ceux-là même qui pendant toute la guerre de l'été dernier étaient devenus invisibles. »


Lire la suite

mardi 3 mars 2015

Dans le camp de jeunesse du Hamas

Un jeune Palestinien rampe dans un tunnel pendant une cérémonie de fin de stage dans un camp du Hamas, le 29 janvier 2015 (AFP / Said Khatib)
Un jeune Palestinien rampe dans un tunnel pendant une cérémonie de fin de stage dans un camp du Hamas, le 29 janvier 2015 (AFP / Said Khatib)

(AFP / Said Khatib)


Depuis qu’il a pris le pouvoir par la force dans la bande de Gaza en 2007, le parti islamiste Hamas organise chaque année pour les jeunes de 15 à 21 ans des « camps d’été » où il leur dispense un enseignement religieux et les forme à « la résistance » à Israël. Fin janvier, six mois après la guerre d'une semaine qui a transformé des parties entières de l'enclave en champs de ruines, un nombre record de 17.000 jeunes participent à un stage d’une semaine, encadré pour la première fois par les combattants de la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam. La journaliste de l'AFP à Gaza Mai Yaghi a pu assister à la cérémonie finale, au cours de laquelle les « stagiaires » exhibent leurs prouesses devant leurs parents.

« Les jeunes recrues sont catégoriques : lors du prochain conflit, dont personne ici ne doute qu’il se produira, elles seront prêtes pour le combat », écrit-elle.

(Photo: AFP / Said Khatib)


Lire la suite

vendredi 20 février 2015

Photographie : aux frontières de l’acceptable

Une photo très vraisemblablement truquée, diffusée par l'agence coréenne KCNA en 2013, rejetée par l'AFP après analyse (AFP / KCNA)
Une photo très vraisemblablement truquée, diffusée par l'agence coréenne KCNA en 2013, rejetée par l'AFP après analyse (AFP / KCNA)

(Photo : AFP / KCNA)


L'image ci-dessus n'a jamais été diffusée par l'AFP. Publiée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA en 2013, elle est censée montrer des manœuvres militaires dans l'est du pays. L'analyse à l'aide d'un logiciel spécialisé des traînées des missiles et des fumées révèle une accumulation d'anomalies trahissant des manipulations de nature indéterminée. Il s'agit donc, selon toute probabilité, d'une image truquée.

Il s'agit d'un cas extrême. Mais la fraude en photographie n'est pas le monopole de la Corée du Nord, de la Syrie ou des groupes de propagande extrémistes en tout genre. Le 12 février dernier, la disqualification pour cause d’images trafiquées d’un nombre sans précédent de participants au concours World Press Photo 2015 a ravivé un vieux débat : où se situe la frontière, en photojournalisme, entre l’effet artistique et la fraude ?


Lire la suite

mercredi 4 février 2015

Ballet d’étourneaux dans le ciel du Néguev

Une nuée d'étourneaux près de Rahat, en Israël, le 2 février 2015 (AFP / Menahem Kahana)
Une nuée d'étourneaux près de Rahat, en Israël, le 2 février 2015 (AFP / Menahem Kahana)

(AFP / Menahem Kahana)


« Chaque année, pendant l’hiver en Europe, un demi-milliard d’oiseaux migrent ici, en Israël », raconte Menahem Kahana, photographe de l'AFP basé à Jérusalem. « Parmi eux, les étourneaux sont uniques. Ils se déplacent en nuées de dizaines, voire de centaines de milliers d’individus. Si vous avez la chance de tomber sur le bon endroit, vous pouvez assister à leurs extraordinaires chorégraphies au coucher du soleil ».


Lire la suite

mardi 27 janvier 2015

Dans la « Rue des Survivants »

Une survivante de la Shoah déjeune dans la salle à manger de sa résidence à Haïfa, le 21 janvier 2015 (AFP / Menahem Kahana)
Une survivante de la Shoah déjeune dans la salle à manger de sa résidence à Haïfa, le 21 janvier 2015 (AFP / Menahem Kahana)

(AFP / Menahem Kahama)


« J'ai fait comme avec ma grand-mère. J'ai approché la chaise tout près d'elle, je lui ai parlé fort et d'une voix un peu débile, comme on parle à un enfant: "ça vous plaît ici ?" et elle m'a répondu "la nourriture est bonne". Silence. "A Auschwitz je pesais 23 kilos". Silence.»

A Haïfa, dans le nord d'Israël, une centaine de rescapés de la Shoah vivent leurs derniers jours dans la « Rue des survivants », une résidence qui leur est dédiée. Dans cette émouvante colocation de la mémoire, témoigner auprès de tous -- journalistes, étudiants, soldats, groupes d'étrangers-- fait partie des activités du quotidien au même titre que le bridge ou les rendez-vous médicaux. Daphné Rousseau, journaliste de l'AFP basée à Jérusalem, s'y est rendue à l'occasion du 70ème anniversaire de la libération d'Auschwitz.



Lire la suite

mardi 13 janvier 2015

« Hunger Games » sur une terre tourmentée

Un contrebandier transporte des commandes de Kentucky Fried Chicken à travers un tunnel entre l'Egypte et la Bande de Gaza, en mai 2013 (AFP)
Un contrebandier transporte des commandes de Kentucky Fried Chicken à travers un tunnel entre l'Egypte et la Bande de Gaza, en mai 2013 (AFP)

« Même si l'on raffole des aubergines, est-ce une raison pour en manger à tous les repas, déclinées à l'infini, en purée ou entières, farcies, grillées ou gratinées, marinées ou nature?  Telle est la question que je me posais au moment de rejoindre mon poste de journaliste en charge des Territoires palestiniens, basé à Jérusalem, à la fin mai 2010 », écrit Selim Saheb Ettaba, qui a récemment quitté le bureau de l'AFP à Jérusalem pour Dakar.

Comme les aubergines dans la légende de Nasreddine, servies à toutes les sauces au redoutable Timour Lang,  le conflit israélo-palestinien constitue le plat de résistance quotidien du reporter basé à Jérusalem. « Couvrir cette actualité souvent sanglante pendant plus de quatre an exige à la fois un estomac bien accroché et une imagination fertile pour ne pas se laisser envahir par la lassitude ou la frustration et capter l'attention d'une opinion publique internationale gavée par l'hypermédiatisation. »

(Photo : AFP)


Lire la suite

jeudi 1 janvier 2015

Quand la grâce émerge du chaos

(c) AFP - 2015
(c) AFP - 2015

(AFP)


Quand la grâce émerge du chaos


Pour terminer une année 2014 marquée par les guerres, les massacres, les épidémies et autres tragédies, les photographes de l’AFP ont raconté chaque jour, du 24 au 31 décembre, l’histoire d’une image belle, ou porteuse d'espoir, prise dans le contexte d’un événement dramatique. Voici l'ensemble de leurs textes.

Merci de votre fidélité, heureuse année 2015 à tous, et à très bientôt sur notre site !


Lire la suite

lundi 29 décembre 2014

Jour de plage à Gaza

Un Palestinien joue avec son enfant sur la plage de Gaza, le 7 septembre 2014 (AFP / Mahmud Hams)
Un Palestinien joue avec son enfant sur la plage de Gaza, le 7 septembre 2014 (AFP / Mahmud Hams)

(AFP / Mahmud Hams)


Pour terminer une année 2014 marquée par les guerres, les massacres, les épidémies et autres tragédies, les photographes de l’AFP racontent chaque jour, jusqu’au 31 décembre, l’histoire d’une image belle, ou porteuse d'espoir, prise dans le contexte d’un événement dramatique.

« Je viens de passer mon été à photographier la dernière guerre à Gaza », raconte le photographe de l'AFP Mahmoud Hams. « Cinquante jours de clichés d'enfants pris dans des décombres. De parents en pleurs auprès de petits corps inanimés. La mort. Les destructions. Les enterrements d'hommes, de femmes, d'enfants, parfois tout petits. »

« Et soudain, là, sur la plage même où un missile israélien fauchait deux mois plus tôt sous les yeux effarés de la presse internationale quatre enfants qui jouaient au ballon, je vois l'image même du bonheur: un père heureux qui lance dans les airs un enfant qui rit. Dix jours après la fin de la guerre qui a tué près de 2.200 Palestiniens, je comprends que ça y est, ce que j'ai devant les yeux, c'est la paix, le calme.»


Lire la suite

lundi 29 septembre 2014

La mort à l’écran : éditer les images d’horreur

Une éditrice au travail au desk photo de l'AFP pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Nicosie, le 26 septembre 2014 (AFP / Florian Choblet)
Une éditrice au travail au desk photo de l'AFP pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Nicosie, le 26 septembre 2014 (AFP / Florian Choblet)

(AFP / Florian Choblet)


« La détresse de l’éditeur est différente de celle du reporter de guerre. Le second est sur le terrain, il est soumis au risque, aux poussées d’adrénaline et voit l’horreur dans toute sa réalité. Le premier regagne son foyer tous les soirs et doit concilier sa vie de famille avec les réminiscences des images insoutenables qu’il a vu défiler sur son écran toute la journée durant, sans que personne ne puisse vraiment comprendre ce qu’il ressent. »

Au quartier général de l'AFP pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, à Nicosie, les éditeurs photo et vidéo sont chargés d'examiner attentivement les images en provenance de Syrie, d’Irak, de Gaza, de Libye et d’autres points chauds de la région. Corps mutilés, enfants blessés hurlant de douleur, décapitations d'otages: une grande partie de ce matériel ultra-violent, impropre à la publication selon les critères de l’AFP, part à la poubelle. Mais non sans avoir infligé des chocs à répétition aux journalistes qui l’ont visionné.


Lire la suite

lundi 15 septembre 2014

Rentrée des classes à Gaza

Une salle de classe endommagée dans une école publique du quartier de Shejaiya à Gaza, le 14 septembre 2014 (AFP / Mahmud Hams)
Une salle de classe endommagée dans une école publique du quartier de Shejaiya à Gaza, le 14 septembre 2014 (AFP / Mahmud Hams)

(AFP / Mahmud Hams)


« Des photos d'enfants retrouvant le chemin de l'école à Gaza, j'en ai fait des centaines », raconte Mahoud Hams, photographe de l'AFP à Gaza. « Mais celles que j'ai prises cette année, je ne les oublierai jamais. Sur les visages des enfants, au lieu de lire la joie de retrouver leurs camarades, l'enthousiasme de ceux qui entament une nouvelle année scolaire, on ne lit bien souvent que l'angoisse et les mauvais souvenirs.»


Lire la suite

vendredi 5 septembre 2014

Au Golan, la guerre comme au spectacle

Un soldat de l'armée syrienne tire sur des rebelles près du poste-frontière de Quneitra, sur le plateau du Golan, le 1er septembre 2014 (AFP / Menahem Kahana)
Un soldat de l'armée syrienne tire sur des rebelles près du poste-frontière de Quneitra, sur le plateau du Golan, le 1er septembre 2014 (AFP / Menahem Kahana)

(AFP / Menahem Kahana)


Sur le plateau du Golan, une féroce bataille oppose des soldats de l’armée syrienne loyale au président Bachar al-Assad à un groupe de rebelles du front Al-Nosra. Elle se déroule à l’aube du 1er septembre près du poste-frontière de Quneitra, à quelques mètres de la clôture barbelée qui sépare la zone sous contrôle syrien de celle sous contrôle israélien.

« J’assiste à ces combats depuis un bunker désaffecté de l’armée israélienne, situé à cent mètres de la ligne de démarcation », écrit l'auteur de cette image, le photographe de l'AFP à Jérusalem Menahem Kahana. « J’ai sous mes yeux une véritable scène de guerre, mais en même temps elle se déroule comme dans un autre monde. Personne ne s’en prend à moi, personne ne s’intéresse à ce qui se passe de mon côté de la frontière.  J’ai l’impression bizarre d’être au cinéma…»

(Photo: AFP / Menahem Kahana)


Lire la suite

mardi 26 août 2014

L’aéroport de Gaza ou le rêve en ruines

Un enfant cueille des fleurs dans l'ancien aéroport de Gaza, le 18 août 2014 (AFP / Thomas Coex)
Un enfant cueille des fleurs dans l'ancien aéroport de Gaza, le 18 août 2014 (AFP / Thomas Coex)

(AFP / Thomas Coex)


L'aéroport international de Gaza était un peu l'accomplissement d'un rêve pour les Palestiniens, une porte ouverte sur le monde en même temps qu'un puissant symbole de souveraineté. Ouvert en décembre 1998, alors que tous les espoirs de paix semblaient permis au Proche-Orient, il restera à peine deux ans en activité, et finira détruit par une série de raids israéliens. Le photographe de l'AFP Thomas Coex, qui avait pris des images de l'aéroport il y a quatorze ans, est retourné sur place en pleine guerre entre Israël et le Hamas.

(Photo: AFP / Thomas Coex)


Lire la suite

- page 1 de 2