Making-of / les coulisses de l'info

La mort à l’écran : éditer les images d’horreur

lundi 29 septembre 2014 - Décryptages


Une éditrice au travail au desk photo de l'AFP pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Nicosie, le 26 septembre 2014 (AFP / Florian Choblet)

« La détresse de l’éditeur est différente de celle du reporter de guerre. Le second est sur le terrain, il est soumis au risque, aux poussées d’adrénaline et voit l’horreur dans toute sa réalité. Le premier regagne son foyer tous les soirs et doit concilier sa vie de famille avec les réminiscences des images insoutenables qu’il a vu défiler sur son écran toute la journée durant, sans que personne ne puisse vraiment comprendre ce qu’il ressent. »

Au quartier général de l'AFP pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, à Nicosie, les éditeurs photo et vidéo sont chargés d'examiner attentivement les images en provenance de Syrie, d’Irak, de Gaza, de Libye et d’autres points chauds de la région. Corps mutilés, enfants blessés hurlant de douleur, décapitations d'otages: une grande partie de ce matériel ultra-violent, impropre à la publication selon les critères de l’AFP, part à la poubelle. Mais non sans avoir infligé des chocs à répétition aux journalistes qui l’ont visionné.

(Photo : AFP / Florian Choblet)


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Couvrir l’ « Etat islamique »

mercredi 17 septembre 2014 - Décryptages


Dans une vidéo publiée le 2 septembre 2014, un militant de l'organisation Etat islamique (EI) agite un couteau devant la caméra avant de décapiter le journaliste américain Steven Sotloff (AFP / Site Intelligence Group / HO)

Les conflits en Syrie et en Irak, l’émergence de l’organisation « Etat islamique » (EI) et d’autres groupes djihadistes extrémistes au Moyen-Orient et en Afrique soulèvent de nombreuses interrogations à la fois sur le plan éditorial et éthique

Les enlèvements et assassinats de journalistes, le déferlement d’images de propagande toutes plus effroyables les unes que les autres entraînent, que nous le voulions ou non, des changements dans nos procédures de travail, une évolution de nos règles de fonctionnement. Avec la difficulté permanente de garder l’équilibre entre le devoir d’informer et la nécessité d’assurer la sécurité de nos reporters, le souci de préserver la dignité des victimes exhibées par les extrémistes, et la nécessité de ne pas servir de relais à une propagande haineuse et ultraviolente.

La directrice de l'information de l'AFP, Michèle Léridon, explique ce que les événements des derniers mois ont changé dans l’environnement de travail d’une agence de presse internationale comme l’AFP, et comment nous réagissons à ces changements.

(Photo: AFP / Site Intelligence Group / HO)


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James Foley, l'humaniste courageux

mercredi 20 août 2014 - Témoignages


James Foley sur la route de l'aéroport de Syrte, en Libye, le 29 septembre 2011 (AFP / Aris Messinis)

James Foley était un journaliste courageux qui n'hésitait pas à se rendre dans les endroits les plus dangereux pour raconter les histoires de civils pris dans le chaos de la guerre. Le reporter américain de 40 ans, qui collaborait régulièrement avec l'AFP, avait été pris en otage en novembre 2012 en Syrie. Il a été exécuté par les jihadistes extrémistes de l'Etat islamique (EI) qui ont diffusé la terrible vidéo de sa mort.

Dave Clark, responsable du desk anglais de l'AFP pour l'Amérique du Nord à Washington et qui lui-même travaillé dans de nombreux conflits armés, a rassemblé les témoignages sur un journaliste courageux et imprégné de valeurs humanistes. 

(Photo: AFP / Aris Messinis)

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Diplomatie « secrète » à l’ère Twitter

vendredi 27 juin 2014 - Témoignages


John Kerry tient une conférence de presse à l’ambassade ultra sécurisée des Etats-Unis de Bagdad, le 23 juin 2014  (AFP/ Brendan Smialowski)

A l’époque de Twitter, des infos en continu et des réseaux sociaux, la visite du secrétaire d’Etat américain John Kerry à Bagdad le 23 juin aura sans doute été un des secrets diplomatiques les moins bien gardés, raconte Jo Biddle, correspondante de l'AFP au Département d'Etat à Washington.

(Photo: AFP / Brendan Smialowski)


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Quand le match se retourne en Irak

lundi 23 juin 2014 - Débriefings


Une réfugiée irakienne attend d'être enregistrée dans un camp pour civils fuyant la violence dans le nord de l'Irak, le 17 juin 2014 à Aski Kalak, près d'Erbil (AFP / Karim Sahib)

« D’une certaine façon, je me sens comme un journaliste sportif », écrit Prashant Rao, correspondant de l'AFP à Bagdad qui doit quitter son poste dans les prochaines semaines. « Après avoir couvert l’Irak pendant plus de cinq ans, j’étais en train de faire mes adieux mentalement, émotionnellement et socialement à ce pays si étrange, si attachant, si fascinant car dans quelques semaines, je partirai d’ici. C’était comme si le match en était à la 85ème minute, le destin scellé et mon article presque rédigé.»

(Photo: AFP / Karim Sahib)


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Que faire des photos effroyables d’Irak ?

mercredi 18 juin 2014 - Décryptages


Une image publiée sur un site web djihadiste le 14 juin 2014 montre des militants de l'EIIL exécutant des membres des forces de sécurité irakiennes dans la province de Salaheddin, en Irak (AFP / HO / Welayat Salahuddin)

Ces terribles images montrent des militants de l’Etat islamique d’Irak et du Levant (EIIL) exécutant des soldats ou des membres des forces de sécurité quelque part dans la province de Salaheddin, en Irak. Elles ont été récupérées le 14 juin et les jours suivants sur des sites web ou des comptes Twitter de la mouvance djihadiste, et diffusées par l’AFP et d’autres agences internationales à leurs clients.

Faut-il montrer ces photos, qui relèvent clairement de la propagande extrémiste ? Pour l’AFP, la réponse est oui. Mais pas sans prendre les plus extrêmes précautions pour s’assurer qu’elles n’ont pas été truquées, et éliminer celles qui relèvent uniquement de la violence gratuite, sans valeur informative, explique Roland de Courson, éditeur du blog AFP Making-of.

(Photo: AFP / HO / Welayat Salahuddin)


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Le train de la violence réclame toujours des passagers

vendredi 20 décembre 2013 - En bref


Le journaliste Muhannad Mohammed, tué dans un attentat à Bagdad le 19 décembre 2013 (photo: DR)

Un hommage au journaliste irakien Muhannad Mohammed, tué le 19 décembre dans un attentat-suicide à Bagdad. Par son ami Ammar Karim, du bureau de l'AFP dans la capitale irakienne.






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Le « 11 septembre de l’ONU »

lundi 19 août 2013 - Derrière l'image


Après l'attentat contre le Canal Hotel de Bagdad, le 19 août 2013 (photo: AFP / Sabah Arar)

Retour au Canal Hotel de Bagdad, dix ans après l'attentat qui avait coûté la vie à 22 personnes dont l'envoyé spécial de l'ONU Sergio Vieira de Mello et marqué le début d'un long cycle de violences extrêmes en Irak. Une décennie plus tard, l'hôtel, abandonné, est toujours dans le même état. Mais pour les Nations unies en Irak, tout a changé, explique W.G. Dunlop, correspondant de l'AFP à Bagdad.

(Photo: AFP / Sabah Arar)


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« Ce soir, promis, on fait le point »

lundi 19 août 2013 - Témoignages


Sergio Vieira de Mello à Bagdad, le 30 juillet 2003 (photo: AFP / Joseph Barrak)

Il y a dix ans périssait le représentant de l'ONU en Irak, Sergio Vieira de Mello, dans un terrible attentat à Bagdad. Retour sur le parcours d'un fonctionnaire international exceptionnel qui, dès son arrivée, proclamait que «plus tôt le peuple irakien se gouvernera lui-même, mieux ce sera» et n'hésitait pas à s'opposer frontalement aux représentants de l'administration Bush en Irak, réussissant parfois à les faire céder. Par Sammy Ketz, qui dirigeait à l'époque le bureau de l'AFP à Bagdad et avait encore rencontré Vieira de Mello le matin-même de sa mort.

(Photo: AFP / Joseph Barrak)


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Chance et malchance à Bagdad

mercredi 26 juin 2013 - Témoignages


Un policier irakien face à un supermarché détruit par un attentat, le 25 juin 2013 (photo: AFP / Ali Al-Saadi)

"Je ne vous apprendrais rien en écrivant que l'Irak est un endroit très violent", écrit Prashant Rao, directeur du bureau de l'AFP à Bagdad. "Mais il y a des violences qui vous touchent plus particulièrement que d’autres".

En 2011, Prashant écrit un billet de blog sur un supermarché qui a fini par devenir, pour lui, un indicateur de l'amélioration de la vie des classes moyennes irakiennes. Chaque produit nouveau qui apparaît dans les rayons est synonyme de progrès.

C'était jusqu'à ce qu'un minibus bourré d'explosifs pulvérise le magasin, le soir du 24 juin.

(Photo: AFP / Ali Al-Saadi)


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De journaliste sportif à correspondant de guerre

mardi 4 juin 2013 - Derrière l'image


Des fumées noires provenant d'attentats à la voiture piégée s'élèvent dans le ciel pendant que l'équipe d'Irak affronte le Libéria au stade al-Shaab de Bagdad, le 27 mai 2013 (photo: AFP / Ahmad al-Rubaye)

Des colonnes de fumée noire s'élèvent dans le ciel de Bagdad après une série d'attentats à la voiture piégée, le 27 mai, pendant que sur la pelouse du stade al-Shaab, l'équipe de football d'Irak affronte celle du Liberia. Les attaques ce jour-là feront 55 morts mais ne forceront pas l'arrêt du match amical, au terme duquel la sélection irakienne s'incline par 1 à 0. Tout de suite après le coup de sifflet final, Mohamad Ali Harissi, journaliste de l'AFP à Bagdad, quitte son habit de journaliste sportif pour endosser, une fois encore, celui de correspondant de guerre.

Entre les groupes de supporters qui maudissent la défaite de l'Irak et les groupes de survivants des attentats qui, au milieu des voitures calcinées, maudissent la violence endémique, un point commun: la fatigue, écrit-il. "La fatigue de voir les Irakiens perdre ici et mourir là. La fatigue de perdre, tous les jours. Et de se faire tuer, tous les jours aussi".

(Photo: AFP / Ahmad al-Rubaye)


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«Ils sont là ! Ils sont là !»

lundi 8 avril 2013 - Témoignages


Un char Abrams des Marines américains circule dans une rue de Bagdad après la chute de la ville, le 9 avril 2003 (photo: AFP / Patrick Baz)

Il y a dix ans, le 9 avril 2003, les chars américains entraient dans Bagdad. Sur la rive droite du Tigre, une poignée de combattants irakiens résiste encore mais très vite, c'est la débandade. Les Marines font une entrée triomphale dans la capitale en proie aux pillages, le régime de Saddam Hussein s'effondre et les statues du dictateur déchu sont renversées et démolies par la foule. Ezzedine Saïd, qui était un des envoyés spéciaux de l'AFP en Irak pendant l'invasion américaine, raconte cette incroyable journée.

(Photo: AFP / Patrick Baz)


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Visions d'Irak, 10 ans après

mardi 19 mars 2013 - Témoignages


Une Irakienne dans un magasin de fleurs du quartier chiite al-Kazemiya de Bagdad, le 4 novembre 2004 (photo: AFP / Ahmad al-Rubaye)

Des Irakiens qui plantent des fleurs pour oublier la violence, une petite fille habillée de rose qui se promène avec sa maman pendant une accalmie dans une ville à feu et à sang, un évêque désabusé après un attentat sanglant et, le même jour, un match de foot débridé: trois responsables anciens et actuel de l'AFP à Bagdad racontent leurs souvenirs les plus marquants de leur séjour en Irak, au dixième anniversaire de l'invasion américaine.

(Photo: AFP / Ahmad al-Rubaye)




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Bagdad: smartphones et applis à la rescousse

jeudi 21 février 2013 - En bref


IRAQ-DAILY LIFE

Un photographe de presse peut-il se servir de son smartphone, et surtout des différentes applications qui rendent des "effets spéciaux" souvent très séduisants? En utilisant son Iphone et surtout l'appli Hipstamatic, pour saisir le quotidien de Bagdad, le photographe de l'AFP Patrick Baz alimente brillamment le débat, et explique sa démarche.





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Les rires de Bagdad

vendredi 15 février 2013 - Témoignages


Des mannequins irakiennes pendant un concours de coiffure et de maquillage à Bagdad, en février 2013 (photo: AFP / Patrick Baz)

"Ma première visite à Bagdad remonte à 1998", raconte Patrick Baz, directeur photo de l'AFP pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. "C’était l’époque de Saddam, de l’embargo. J’ai aussi connu l’invasion américaine, en 2003, et les terribles années de violences qui ont suivi. Les Irakiens sont un peuple endurci. Au cours de mes visites, j’ai rarement vu un Irakien rire. Voilà pourquoi, lorsque je suis retourné sur place il y a quelques jours, j’ai été si surpris: en 2013, Bagdad a changé. Malgré la violence larvée qui continue à sévir, Bagdad rit, Bagdad sourit, Bagdad se promène, Bagdad dîne au restaurant, Bagdad fait la fête..."


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En Irak, la macabre tâche du comptage des morts

jeudi 25 octobre 2012 - Décryptages


Attentat à Kirkouk, dans le nord de l'Irak, en mai 2011 (photo: AFP / Marwan Ibrahim)

"Une de nos tâches les plus déprimantes, ici au bureau de Bagdad, c’est de faire le décompte au quotidien des victimes de la violence", écrit Prashant Rao, directeur du bureau de l'AFP dans la capitale irakienne. Alors qu'il se passe rarement un jour sans qu'aucun attentat ou attaque n'endeuille le pays, le décompte du nombre de morts et de blessés est un travail incroyablement chronophage et difficile, en raison de l'opacité de l'administration et du manque de sources fiables. L'AFP Bagdad a décidé de rendre public, sur internet, le bilan des victimes qu'il tient à jour. (Photo: AFP / Marwan Ibrahim)

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"Bienvenue Madame ! Vous avez une arme ?"

lundi 30 juillet 2012 - Débriefings


Un policier irakien monte la garde à un checkpoint dans le centre de Bagdad, en juillet 2012 (photo: AFP / Ahmad Al-Rubaye)

"Portez-vous une arme ?" Une question à laquelle on s'habitue vite en Irak, où les forces de sécurité sont partout mais la sécurité nulle part, raconte Amélie Herenstein, correspondante de l'AFP à Bagdad de l'été 2011 à l'été 2012.

(Photo: AFP / Ahmad Al-Rubaye)


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Irak: un journaliste blessé dans un attentat

mercredi 13 juin 2012 - En bref

Attentat à Kirkouk, 13 juin 2013 (Photo: AFP / Marwan Ibrahim)

KIRKOUK (Irak) - Un journaliste de l'AFP, Marwan Ibrahim, a été blessé mercredi 13 juin alors qu'il couvrait une série d'attentats à la voiture piégée dans la ville pétrolière de Kirkouk, dans le nord de l'Irak. Agé de 34 ans, Marwan Ibrahim souffre de nombreuses contusions et brûlures, d'échymoses à la tête, de saignements et de surdité de l'oreille droite. Il a été hospitalisé à Kirkouk et devrait être transféré à Amman, en Jordanie, pour y être soigné.

Journaliste et photographe de l'AFP dans cette ville pétrolière depuis 2003, il se rendait mercredi sur le site d'un attentat à la voiture piégée. "Il y a eu une explosion dans le nord-ouest de Kirkouk et je m'y suis rendu immédiatement. Après avoir fini, j'ai décidé d'aller sur le lieu d'un autre attentat qui s'était produit deux minutes plus tard dans le nord-est de la ville", a-t-il témoigné. "J'étais dans la voiture de mon beau-père, un général de police, afin de passer plus facilement les barrages de sécurité. Sur notre chemin, il y a eu une troisième voiture piégée. Le choc et le bruit ont été terribles. Toutes les vitres de notre véhicule ont volé en éclats et notre véhicule a pris feu".

Son beau-père et le chauffeur ont également été blessés.

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