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jeudi 4 février 2016

Les murs qui parlent de guerre et de paix

Bogotá, 8 janvier 2016 (AFP / Raul Arboleda)
Bogotá, 8 janvier 2016 (AFP / Raul Arboleda)

(AFP / Raul Arboleda)


« J’ai quitté ma ville natale de Bogotá il y a huit ans pour aller travailler à Medellín et le changement qui m’a le plus frappé en revenant faire un tour ici, il y a quelques semaines, c’est la prolifération des graffitis », écrit le photographe de l'AFP Raúl Arboleda. « Les murs de brique sont envahis par les fresques et les pictogrammes en tout genre, à tel point qu’on a l’impression que chaque mur vierge est un mur en sursis. »

« En ce moment, en Colombie, nous voyons le bout de cinq décennies d’un conflit très complexe qui a fait au moins 220.000 morts, des dizaines de milliers de disparus et six millions de déplacés. La perspective d’un accord entre le gouvernement les Forces armées révolutionnaires de Colombie, la principale guérilla du pays, soulève d’immenses espoirs et inspire naturellement les créateurs. Le processus de paix est devenu incontestablement un des thèmes plus populaires des graffitis, même s’il est loin d’être le seul. »


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mercredi 9 décembre 2015

Rendez-vous avec un tueur, sur la tombe d'Escobar

Jhon Jairo Velasquez, alias Popeye, sur la tombe de Pablo Escobar à Medellin le 2 décembre 2015 (AFP / Raul Arboleda)
Jhon Jairo Velasquez, alias Popeye, sur la tombe de Pablo Escobar à Medellin le 2 décembre 2015 (AFP / Raul Arboleda)

(AFP / Raul Arboleda)


« Lorsque j'ai mentionné que je partais à Medellín interviewer Popeye, mes enfants se sont d'abord esclaffés », écrit Florence Panoussian, directrice du bureau de l'AFP à Bogotá. « Puis je leur ai expliqué qui était Jhon Jairo Velásquez, sicaire de Pablo Escobar et « assassin professionnel » selon ses propres dires. Un homme qui, sans état d'âme, a abattu 250 personnes, peut-être davantage, et commandité quelque 3.000 autres meurtres, pour le compte de l'ancien baron de la cocaïne. Les yeux écarquillés, mes mômes ont arrêté de se gondoler de rire ».

« L'AFP a demandé cet entretien pour les besoins d’un reportage sur le culte dont fait encore l’objet Escobar dans ce qui fut son fief, plus de vingt ans après sa mort. Je suis un peu nerveuse en débarquant à Medellín. Mais ce n'est pas la crainte d'une rencontre avec un tueur qui me vrille les tripes, plutôt l'angoisse que ce phénomène nous claque dans les doigts au dernier moment. Popeye a décalé plusieurs fois l'heure de l'interview. Jusqu'à l'ultime minute, nous ne serons pas certains qu'il veuille nous parler, se laisser photographier ».


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vendredi 13 novembre 2015

Omaira, regard de la tragédie d'Armero il y a 30 ans

Omaira Sanchez, 12 ans, prisonnière des décombres de sa maison ensevelie sous la coulée de boue du Nevado del Ruiz, le 15 novembre 1985 (AFP / El Espectador / Jairo Higuera)
Omaira Sanchez, 12 ans, prisonnière des décombres de sa maison ensevelie sous la coulée de boue du Nevado del Ruiz, le 15 novembre 1985 (AFP / El Espectador / Jairo Higuera)

(AFP / El Espectador / Jairo Higuera)


« Armero est de ces tragédies qui se gravent à vie dans les mémoires », écrit la correspondante de l'AFP en Colombie Florence Panoussian. « Souvent moins par le nombre effroyable de morts que par une image, une photo qui suffit à exprimer toute l'horreur du désastre. Comme la fillette brûlée au napalm sur une route du Vietnam, la catastrophe provoquée il y a 30 ans par une gigantesque avalanche de boue qui a englouti, en 15 minutes, une prospère ville de Colombie, serait peut-être totalement oubliée, effacée par tant d'autres drames humains. S'il n'y avait eu Omaira et son regard, la si petite et si impressionnante Omaira, bloquée dans des eaux putrides, et dont la lente agonie a été, pendant trois jours, filmée, photographiée, racontée par des journalistes du monde entier. »


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vendredi 2 octobre 2015

La frontière où le temps s’est figé

Des soldats vénézuéliens montent la garde à Paraguachón, à la frontière colombienne, le 14 septembre 2015 (AFP / Federico Parra)
Des soldats vénézuéliens montent la garde à Paraguachón, à la frontière colombienne, le 14 septembre 2015 (AFP / Federico Parra)

(AFP / Federico Parra)


« Une longue file de véhicules vétustes et déglingués nous indique que la frontière entre le Venezuela et la Colombie est proche », écrit le journaliste de l'AFP Ernesto Tovar. « Ces voitures, que l’on surnomme « lanchones » (« gros canots») en raison de leur longueur, sont équipées de réservoirs capables de contenir plus d’une centaine de litres de carburant. Elles sont devenues le symbole de la contrebande, moteur de l’économie de la ville-frontière de La Guajira. »

« Cette région frappée par la misère et les carences des services publics est le royaume des mafias de contrebandiers, qui roulent sur l’or grâce aux différences de prix abyssales entre la Colombie et le Venezuela. A La Guajira, les activités illégales sont routinières. Et si la crise entre la Colombie et le Venezuela, qui a éclaté en août dernier et a entraîné la fermeture officielle de la frontière, rend la vie dure aux habitants du coin, elle ne semble guère affecter la prospérité des trafiquants. »


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jeudi 25 juin 2015

Compagnons d'infortune

Le carnet de Francis Collomp (photo: Grégoire Belhoste)
Le carnet de Francis Collomp (photo: Grégoire Belhoste)

(AFP / Robin Braquet)


Pour ne pas sombrer, les otages s’en remettent parfois à des objets dérisoires. Cahier d'écolier, radio ou cordelette leur permettent d’alléger l'enfer de la captivité. Après la libération, ces reliques demeurent les derniers souvenirs de ces jours sombres.


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Quinze ans d'enlèvements d'Européens

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(AFP - IFP)


Près de 400 ressortissants européens ont été retenus en otages à l’étranger depuis le 1er janvier 2000, selon l'enquête menée conjointement par l’AFP et dix étudiants en journalisme de l’Institut Français de Presse, et qui a donné lieu à la constitution d'une base de données intéractive.


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mardi 19 mai 2015

L'exceptionnel destin de « Doña Anna »

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(El Tiempo)


C’est un destin exceptionnel. Celui d’une journaliste d’origine polonaise qui devint en 1946 à Bogota la première femme chef de poste de l’AFP dans le monde. C’est le destin d’Anna Kipper, dont la vie et la carrière journalistique ont traversé les soubresauts du 20ème siècle, en Europe et en Amérique latine. Récit par Yves Gacon, le directeur de la documentation et de l'édition de l'AFP.



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mardi 9 septembre 2014

A la recherche de la potion magique

Début de la cérémonie du yagé à La Calera, en Colombie, le 9 août 2014 (AFP / Eitan Abramovich)
Début de la cérémonie du yagé à La Calera, en Colombie, le 9 août 2014 (AFP / Eitan Abramovich)

(AFP / Eitan Abramovich)


« Le jour où on m’a demandé de réaliser un reportage sur le yagé, un breuvage aux propriétés hallucinogènes utilisé depuis des millénaires par les indigènes de l’Amazonie et des Andes et qui est en train de devenir un phénomène urbain, je pensais qu’il serait facile de m’en procurer quelque part à Bogotá », écrit Ariela Navarro, correspondante de l'AFP dans la capitale colombienne. « Mais je n’allais pas tarder à découvrir pourquoi il a fallu un livre entier à l’écrivain américain William Burroughs pour raconter sa quête du yagé en Colombie dans les années 1950 »...

(Photo : AFP / Eitan Abramovich)


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vendredi 18 avril 2014

Quand « Gabo » me demandait une fleur

Garcia Marquez tient un bouquet de fleurs offert par une journaliste pour son 87e anniversaire, le 6 mars 2014 à Mexico (AFP / Yuri Cortez)
Garcia Marquez tient un bouquet de fleurs offert par une journaliste pour son 87e anniversaire, le 6 mars 2014 à Mexico (AFP / Yuri Cortez)

(AFP / Yuri Cortez)


Géant de la littérature mondiale, Gabriel Garcia Marquez, décédé le 17 avril, était aussi un journaliste. Dans les années 1970, il avait fondé la revue Alternativa, qui allait former une génération entière de défenseurs des droits de l'Homme en Colombie avant de mourir étranglée par les dettes.

C'est là que Kelly Velasquez, actuellement correspondante de l'AFP à Rome, l'avait rencontré.


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mardi 29 octobre 2013

Je n'avais jamais vu un militaire pleurer

Le sergent Rodrigo Garcia pleure après avoir été délogé du poste qu'il occupait par des indigènes en colère, le 17 juillet 2012 à Toribío, dans le sud-ouest de la Colombie (AFP / Luís Robayo)
Le sergent Rodrigo Garcia pleure après avoir été délogé du poste qu'il occupait par des indigènes en colère, le 17 juillet 2012 à Toribío, dans le sud-ouest de la Colombie (AFP / Luís Robayo)

(AFP / Luis Robayo)


Le sergent de l'armée colombienne Rodrigo García éclate en sanglots. Il vient d'être délogé de force, par une foule d'indigènes désarmés, du poste militaire qu'il occupait avec plusieurs camarades au sommet d'une montagne près du village de Toribío, dans le sud-ouest du pays, en juillet 2012. Ces images de la révolte des indigènes Nasa, furieux d'être pris en étau depuis des décennies entre l'armée et la guérilla, ont valu au journaliste de l'AFP Luis Robayo le prix Simón Bolivar, le plus prestigieux de Colombie.


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mercredi 19 juin 2013

Colombie: drôle de guerre, drôle de paix

AFP / Luis Robayo
AFP / Luis Robayo

(AFP / Luis Robayo)


"La Colombie vit en pleine schizophrénie et parfois les journalistes aussi, entre chronique de paix et compte-rendu de guerre", écrit Philippe Zygel, directeur du bureau de l'AFP à Bogota. "C'est en partant faire un reportage sur la paix que j'ai été, pour la première fois, frôlé par une balle."

Alors que le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie négocient la paix à Cuba, voyage dans la province du Cauca, fief de la guérilla qui défend avec acharnement, perchée dans la cordillère des Andes, un axe stratégique pour l'acheminement de la coca et de la marijuana.


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mardi 30 octobre 2012

Les femmes sans visage de Bogotá

Nubia Espitia, 33 ans, brûlée lors d'une agression qu'elle attribue à une voisine jalouse (photo: AFP / Luis Acosta)
Nubia Espitia, 33 ans, brûlée lors d'une agression qu'elle attribue à une voisine jalouse (photo: AFP / Luis Acosta)

(AFP / Luis Acosta)

Entre 2010 et 2011, près d'une centaine de femmes ont été intentionnellement défigurées à l'acide à Bogotá. Des agressions souvent commises à la suite de querelles conjugales ou de rivalités amoureuses, et qui restent dans la plupart des cas impunies ou faiblement sanctionnées. Le 8 mars 2012, à l'occasion de la Journée internationale de la femme, le photographe du bureau de l'AFP dans la capitale colombienne Luis Acosta a publié une série d'images montrant des victimes de ces atroces crimes posant à côté de portraits d'elles avant leur agression. Son reportage lui a valu le Prix Simón Bolívar, la plus prestigieuse récompense journalistique en Colombie. Le lauréat raconte ici les coulisses de son travail.


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