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Printemps arabes au bout du clavier

mardi 19 août 2014 - Débriefings


Pendant les funérailles d'un manifestant chiite mort après avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Malikiyah, au sud de Bahreïn, le 13 janvier 2013 (AFP / Mohammed Al-Shaikh)

Début 2011, Fanny Carrier a pris depuis quelques semaines à peine ses fonctions d'éditrice au quartier général de l'AFP pour le Moyen-Orient lorsque soudain, toute la région s'embrase. Egypte, Libye, Yémen, Bahreïn, Syrie... Partout des foules dans les rues pour crier « Dégage !»

Ces événements historiques, Fanny les vivra au deuxième rang depuis son bureau à Nicosie. Le travail d'éditrice est un peu ingrat mais indispensable, et non moins intense quand on vit des scènes d'horreur au bout de son clavier: « Je m’abrite derrière les mots, je me carapace derrière les impératifs de clarté, de rapidité et la chasse aux fautes de frappe. Mais certains soirs, dans la pénombre de la chambre où je berce mon fils, les fantômes de ces dépêches me rattrapent. Les morts, les torturés, les disparus, les femmes qui enterrent un enfant et les enfants qui hurlent de peur… Est-ce qu’ils entendent ma berceuse ? Après tout, à vol d’oiseau, Nicosie-Damas c’est même pas Paris-Lyon.»

(Photo: AFP / Mohammed Al-Shaikh)


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Révolutionnaires chiites aux regards perçants

vendredi 11 janvier 2013 - Derrière l'image


Une manifestante chiite de Bahreïn pendant un rassemblement de solidarité avec les prisonniers politiques dans le village de Maqabah, le 13 décembre 2012 (photo: AFP / Mohammed Al-Shaikh)

A Bahreïn, les affrontements entre la majorité chiite et le pouvoir tenu par les sunnites se font de plus en plus violents. Lors de ces protestations quasi-quotidiennes, les femmes sont souvent en première ligne.

Dans cette petite monarchie du Golfe, «le port du niqab, le voile intégral, n’est pas imposé», explique le photographe de l'AFP Mohammed Al-Shaikh. «Il est fréquent de croiser dans la rue des femmes qui portent le hijab ou qui ne sont pas voilées du tout. Mais lors des manifestations, presque toutes les femmes portent le niqab. La raison est très simple : elles ne veulent pas être reconnues par la police. Un homme qui manifeste le visage masqué a tout de suite l’air suspect. Une femme, elle, peut toujours invoquer des raisons religieuses ! »

«J’essaye de capter leur regard, de deviner ce qu’il exprime», poursuit l'auteur de cette superbe série d'images prises pendant les manifestations chiites à Bahreïn depuis l'été dernier. «Je tente de capturer les deux ou trois secondes où, quand elles m’aperçoivent, leurs yeux se figent avant qu’elles ne détournent le regard»

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