Dans Bourem, reprise par les soldats français et maliens
par Pascal Guyot
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Au Mali, photographes et journalistes sont en perpétuelle demande auprès des militaires, pour aller sur le terrain, au plus près de l'action. Faire notre travail quoi !
Et dimanche à Gao, dans le nord du Mali, l'offre du jour, c'était Bourem, une ville entre Gao et Kidal, dont les forces françaises, maliennes et nigériennes prenaient le contrôle.

AFP/Pascal Guyot
Notre petit groupe de journalistes et photographes est parti dans deux Puma français, en +vol tactique+, c'est-à-dire à quelques mètres d'altitude et portes ouvertes. On a survolé le Niger et atterri une demi-heure plus tard près de Bourem, dans une zone où se trouvaient des forces françaises et maliennes.

AFP/Pascal Guyot
L'entrée dans la ville s'est faite en convoi, avec des véhicules français et maliens. Les gens criaient et sautaient de joie, brandissaient des petits drapeaux des deux pays. On est resté environ trois-quarts d'heure. Mais on a pu descendre des pick-ups uniquement dans le centre ville, on ne pouvait pas faire ce qu'on voulait. C'est une ville de plusieurs milliers d'habitants, et dans ces cas là, il y a toujours le risque d'un attentat, ou d'un tireur isolé.
Fin janvier, les armées française et malienne ont repris Gao, Tombouctou et Kidal, des villes du nord Mali qui étaient occupées depuis neuf mois par des islamistes liés à Al-Qaïda.
Les islamistes ont fui sans combattre, mais certains se sont infiltrés dans Gao. Il y a eu là bas des attentats-suicides, et des combats de rue avec des soldats maliens et français.

AFP/Pascal Guyot
L'armée française a pris un risque calculé en nous faisant entrer dans Bourem. Ils savaient ce qu'ils faisaient. En fait, je pense qu'ils avaient probablement pris le contrôle du centre-ville la veille, avec des forces spéciales et des Maliens.
L'image la plus frappante qui me reste de cette expédition est ce groupe de Maliens qui semblaient attendre quelque chose, en dehors de la ville, au milieu de rien.
Nous attendaient-ils ? Avaient-ils fui la ville, redoutant des combats ? Toujours est-il qu'au passage de nos hélicos, ils ont agité un drapeau français...

