A bord d'un train entre Canton et Changchun, en Chine, le 28 janvier 2013 (photo: AFP)
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Sur la route des vacances





PEKIN – Dans les toilettes, sur l’épaule d’un inconnu ou à même le sol: pendant la plus grande migration humaine du monde, dans les moyens de transport chinois saturés, les passagers dorment n’importe où. L’essence même d’un long voyage en train pendant la période du Nouvel an chinois a été capturée ici par un collaborateur de l’AFP dans le sud du pays. «J’ai escaladé une montagne de bagages et, de là-haut, j’ai pris la photo», raconte le photographe, qui ne souhaite pas être nommé.

L’image a été prise dans un train entre Canton, dans le sud de la Chine, et Changchun, dans le nord-est du pays. Un voyage de 36 heures et 3.400 kilomètres. Dans une voiture de la classe «assis mou» comme celle-ci, les jeunes enfants dorment par terre, les vieilles générations ont droit aux fauteuils, tandis que tous les autres se recroquevillent sur des tables du wagon-restaurant ou tentent de se reposer tant bien que mal en posant une fesse sur le bras d'un fauteuil.


A bord d'un train entre Canton et Changchun, en Chine, le 28 janvier 2013 (photo: AFP)
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Et encore, il s’agit-là des voyageurs qui ont eu le plus de chance. D’autres, beaucoup d’autres, n’ont même pas pu acheter un billet et devront passer les fêtes loin de chez eux. Dans les agences de voyage, en cette période de l’année, la demande dépasse largement l’offre.

Pendant un voyage aussi interminable à travers le gigantesque pays, tout est bon pour glaner quelques heures de sommeil. Dans les soufflets entre les wagons, devant les toilettes, des dizaines de corps endormis gisent sur le sol. Le matin, les passagers font la queue avec patience pour utiliser les toilettes. Et avec deux isoloirs pour chaque wagon de 150 passagers, la queue peut être longue…


A bord d'un train entre Canton et Changchun, en Chine, le 28 janvier 2013 (photo: AFP)
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Ce n’est que l’un des 220 millions de trains qu’empruntent les centaines de millions de travailleurs migrants en Chine pendant la saison des voyages, qui dure environ quarante jours aux alentours du Nouvel an. Cette période est appelée «Festival du printemps», par les Chinois, dont beaucoup passent plusieurs semaines dans leurs villes d’origine à cette occasion. Une fois le voyage en train terminé, beaucoup de ces migrants doivent encore voyager pendant des heures à travers la campagne pour rejoindre leurs familles. A la fin de leurs vacances, ils devront revivre ce calvaire, mais dans l'autre sens, pour retourner sur leurs lieux de travail.


A bord d'un train entre Canton et Changchun, en Chine, le 28 janvier 2013 (photo: AFP)
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Pour la deuxième année d’affilée, les Chinois ont pu acheter leurs billets de train en ligne pour éviter de faire la queue. Mais cela n’a pas calmé les protestations des Chinois, qui se plaignent de l’inefficacité et de l’injustice de leur système de transports: tous ceux qui n’ont pas accès à internet ont été laissés pour compte, tandis que les passagers technophiles ont fait appel à des applications et à des plug-ins conçus pour faciliter les achats et rafler tous les billets pour un voyage en parfois quelques minutes.


A bord d'un train entre Canton et Changchun, en Chine, le 28 janvier 2013 (photo: AFP)
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