
AFP / Nicolas-Nelson Richard / ECPAD
La France en guerre au Mali
Des chasseurs-bombardiers Mirage 2000D de l'armée française en route pour le Mali après leur décollage de N'Djamena, au Tchad. L'opération Serval (du nom d'un animal du désert) mobilise depuis le 11 janvier plusieurs centaines de militaires français pour enrayer l'offensive des islamistes qui ont transformé tout le nord du Mali en sanctuaire.
Les islamistes ont profité d'un coup d'Etat militaire contre le président Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012 pour s'emparer du nord du Mali, région en majorité désertique. Ils ont évincé leurs ex-alliés du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) qui avait lancé l'offensive au mois de janvier précédent. Le 20 décembre 2012, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution approuvant le déploiement d'une force internationale pour déloger les islamistes armés, sans préciser de calendrier.
Les islamistes armés au Mali se répartissent en trois principaux groupes:
Al-Qaïda au Maghreb islamiste (Aqmi)

AFP / ANI
Issue de l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, Aqmi a fait allégeance à Al-Qaïda et dispose depuis 2007 de bases dans le Nord malien, d'où elle mène régulièrement des attaques et enlèvements d'Occidentaux dans plusieurs pays du Sahel. Aqmi est dirigée par des Algériens, dont Abdelhamid Abou Zeid, qui réside à Tombouctou, devenu fief de l'organisation.
En octobre 2012, le chef d'Aqmi, basé en Algérie, Abdelmalek Droukdel dit Abou Moussaab Abdelouadoud, a nommé Yahya Abou El Hamame "émir (chef) du Sahara et du Sahel" et destitué Mokhtar Belmokhtar, surnommé "Le Borgne", de la katiba qu'il dirigeait dans le nord du Mali.
Aqmi détient depuis le 16 septembre 2010 quatre employés du groupe nucléaire français Areva et de son sous-traitant Satom, enlevés au Niger, et depuis novembre 2011 deux Français capturés dans le nord du Mali (photo ci-dessus).
Ansar Dine (Défenseurs de l'Islam)

AFP / Romaric Ollo Hien
Dirigé par Iyad Ag Ghaly, ex-militaire et ex-figure des rébellions touareg des années 1990 au Mali, Ansar Dine est apparu au grand jour en 2012. Le groupe est renforcé par des combattants qui étaient membres actifs de la branche maghrébine d'Al-Qaïda. Son fief est Kidal et sa région.
Début décembre, des représentants du pouvoir et des groupes Ansar Dine et MNLA se sont retrouvés autour du médiateur régional Blaise Compaoré pour leurs premières discussions directes.
De nouvelles discussions prévues début janvier ont été reportées. Elles avaient été convoquées par le président Compaoré après un revirement d'Ansar Dine qui a annoncé qu'il retirait son offre de cessation des hostilités et réclamait l'autonomie et la loi islamique pour le Nord au sein d'un Etat malien proclamé "islamique". Le 13 janvier, une source sécuritaire régionale a indiqué qu'un haut responsable d'Ansar Dine, Abdel Krim dit "Kojak", a été tué dans les combats ces derniers jours.
Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest (Mujao)

AFP / Issouf Sanogo
Le Mujao, longtemps présenté comme une dissidence d'Aqmi, est devenu l'un des maîtres du nord du Mali. Il est apparu au grand jour en décembre 2011 et s'est illustré par des prises d'otages. Il a revendiqué des enlèvements au Mali, mais aussi en Algérie, où il a revendiqué des attentats contre des forces algériennes.
Fondé par le Mauritanien Hamada Ould Mohamed Kheirou, alias Abou Ghoum-Ghoum, le Mujao s'est rendu maître de Gao en évinçant le MNLA fin juin à l'issue de violents combats.
Début novembre, un haut-responsable d'Hicham Bilal, seul Noir d'Afrique subsaharienne à diriger une katiba (brigade combattante) d'un groupe islamiste armé, a fait défection et est rentré dans son pays d'origine, le Niger. Il a dénoncé les activités criminelles des chefs du Mujao, dont le trafic de drogue.
Le 7 décembre, le département d'Etat a annoncé l'inscription sur l'une de ses listes d'organisations terroristes du Mujao, deux jours après des sanctions de l'ONU à l'encontre de ce groupe, en tant qu'entité liée à Al-Qaïda.


2 réactions
1 De kamelk6111 - 14/01/2013, 22:28
bonsoir la guerre au mali aujourd'hui a-été vendu une source de risque a tout les européens
2 De cordée - 15/01/2013, 18:09
SI le Maroc et l' Algérie bloquent bien leurs frontières dans les 2 sens, nous pouvons gagner. La Mauritanie étant sous le joug d' AQMI...
Nous sommes à un tournant important de la stratégie des matières premières, d' où notre position est bonne. Il faudrait que les brevets soient gratuits, et les protections effectuées par la France et l' Europe face aux USA et pays asiatiques...