Une présidente entre le marteau et l'enclume



Photo: AFP / Dong-A Ilbo
AFP / Dong-A Ilbo

La Corée du Sud a porté le 19 décembre à la présidence Park Geun-Hye, candidate du parti conservateur et première femme à accéder à la magistrature suprême dans l'histoire de son pays.

Park Geun-Hye a connu une jeunesse douloureuse: elle est la fille de Park Chung-Hee, dont le règne brutal sur la "République de Corée" avait duré 18 ans jusqu'à son assassinat en 1979. Sa mère était tombée cinq ans plus tôt sous les balles d'un militant favorable au régime communiste nord-coréen. Ironie du sort, elle a battu dans les urnes un des opposants historiques au régime de son père, Moon Jae-In, qui paya de sa liberté son engagement pour les droits de l'homme.

Mme Park s'est engagée à ouvrir "une nouvelle ère" dans la péninsule coréenne, en rompant avec l'intransigeance systématique des conservateurs face à Pyongyang (son prédécesseur Lee Myung-Bak a suspendu l'aide humanitaire à la Corée du Nord en représailles au bombardement d'une île sud-coréenne en 2010). Les spécialistes estiment cependant qu'elle est tenue par les faucons au sein de sa famille politique, et par la volonté affichée des Etats-Unis et de leurs alliés de sanctionner le régime communiste nord-coréen après le tir d'une fusée le 12 décembre.

Les Etats-Unis et la Chine (seul allié d'influence de Pyongyang) ont des approches radicalement opposées. Pékin a toujours défendu son allié communiste devant le Conseil de sécurité des Nations unies, en obtenant à chaque fois des sanctions a minima. A cet égard, l'élection de Park est un soulagement pour la Maison Blanche. Washington craignait qu'une victoire de Moon, plus conciliant, "ne renforce les Chinois au Conseil de sécurité dans les négociations en cours (pour de nouvelles sanctions) liées au tir de fusée", selon Marcus Nolan, directeur-adjoint du Peterson Institute for International Economics, un centre d'études basé à Washington.


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