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Cette carte, réalisée par le cabinet britannique de consultants en risque géopolitique Maplecroft, montre région par région le niveau de risques liés à la violence en République démocratique du Congo. Elle montre que ces risques restent extrêmement élevés pour les investisseurs, notamment les compagnies minières, dans tout le pays.

Si les combats au Kivu, dans l’est de la RD Congo, font actuellement la une de l’actualité, les probabilités de violences sont aussi très élevées dans le nord et le sud-est de ce gigantesque pays africain.

Frontalier du Rwanda, du Burundi, de l'Ouganda et, à son extrême-sud, de la Tanzanie, le Kivu est convoité pour ses énormes ressources minières. Cette zone est le principal foyer de conflits du pays et de tensions dans la région des Grands Lacs africains.

Le Kivu s'est trouvé au cœur des tragédies de la région: rivalités communautaires et politiques, conflits fonciers meurtriers, exode massif de réfugiés hutu rwandais en 1994 (près d'un million) après le génocide anti-tutsi, présence de miliciens hutu rwandais génocidaires, de rebelles burundais et ougandais, de milices tribales. La région, composée des provinces des Nord et Sud-Kivu, est riche en ressources naturelles, principalement minières comme l'or, le coltan ou la cassitérite (minerais d'étain) particulièrement recherchés dans l'industrie des télécoms, mais aussi agricoles.


Un hélicoptère de l'ONU survole le lac Kivu, au bord duquel avancent des rebelles du M23, le 20 novembre près de Goma (photo: AFP / Phil Moore)
AFP / Phil Moore

Les tensions sont très fortes dans le Kivu, où se sont installées progressivement, depuis le 18e siècle, d'importantes communautés issues de vagues successives d'émigration de Tutsi et Hutu venus du Rwanda. Au début des années 1980, le régime de Mobutu Sese Seko a instrumentalisé la question de la nationalité pour marginaliser ces populations d'origine rwandaise.  Les guerres de 1996-1997 et de 1998-2003, qui ont impliqué jusqu'à sept pays africains sur le sol congolais, ont commencé dans le Kivu. Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, est à chaque fois devenue la capitale de la zone tombée sous contrôle de rébellions soutenues par le Rwanda, dont celle de 1996 a abouti à la chute de Mobutu en mai 1997.

Depuis le printemps 2012, le Kivu est confronté à la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). A nouveau, le Rwanda est accusé par Kinshasa, mais aussi dans un rapport de l'ONU, de soutenir activement les rebelles. Le M23 est entré dans Goma le 20 novembre.