
AFP / Ronaldo Schemidt
MEXICO - Entourée de fleurs et de palmiers en bordure du Paseo de la Reforma, la principale avenue de Mexico, la statue de l'ancien président de l'Azerbaïdjan Heydar Aliev, assis genoux croisés, est indifférente au bruit et à la pollution. Mais dans une ville qui a élevé des statues à des gloires mondiales comme Gandhi, Churchill ou Martin Luther King, les défenseurs des droits de l'homme fulminent contre l'imposant monument installé récemment à la mémoire de cet ancien chef du KGB, qui a gouverné son pays d'une poigne de fer entre 1993 et 2003.
On peut lire sur une plaque qu'Aliev était "un grand homme politique et homme d'Etat", "un exemple brillant de dévotion infinie à la patrie et de loyauté aux idéaux universels de la paix mondiale". Si Aliev est considéré comme le père de l'indépendance de l'Azerbaïdjan vis-a-vis de l'Union soviétique, ses détracteurs rappellent que l'ancien chef du parti communiste local fut l'homme de la répression contre les dissidents et d'un contrôle strict des médias. Son fils Ilham lui a succédé en 2003.
Le gouvernement de l'Azerbaïdjan a payé quelque 5 millions de dollars pour réaménager ce secteur de Chapultepec, le plus grands parc de Mexico, rebaptisé "Parc de l'amitié Mexique-Azerbaïdjan", ainsi qu'un autre. Embarrassé face à une avalanche de critiques, le maire de gauche, Marcelo Ebrard, a créé une commission chargée d'examiner les plaintes et faire des propositions. Cette commission devra aussi décider du sort d'une plaque figurant dans le deuxième parc et comportant le mot "génocide", allusion au massacre d'Azerbaïdjanais dans le village de Khojali, pendant le conflit avec l'Arménie à propos du Nagorny-Karabakh, dans les années 1990. "Il vaut mieux mettre ça dans les mains d'experts des relations internationales", a expliqué Felipe Leal, chargé du développement urbain à la mairie de Mexico.
Les origines de l'amitié entre les deux pays remontent à 1982 quand Aliev, qui était alors un officiel soviétique, avait visité le Mexique. Le Mexique avait été un des premiers pays à reconnaître l'indépendance de l'Azerbaïdjan.
